Imaginez percevoir plusieurs centaines de milliers d’euros chaque année sans verser un seul euro d’impôt sur ces sommes. Cette réalité existe bel et bien en Andorre pour les résidents fiscaux qui perçoivent des dividendes issus de sociétés andorranes. Alors que la plupart des pays européens maintiennent une pression fiscale importante sur ce type de revenus, la Principauté a choisi une approche radicalement différente qui attire chaque année de plus en plus d’entrepreneurs et d’investisseurs internationaux.
Pourquoi les dividendes sont-ils si attractifs fiscalement en Andorre ?
Le régime fiscal andorran sur les dividendes constitue l’un des principaux moteurs d’attractivité de la Principauté. Contrairement à une idée reçue répandue, cet avantage ne repose pas sur un vide juridique ou une zone grise, mais sur un choix politique clair et assumé depuis la réforme fiscale de 2015.
Exonération totale des dividendes de source andorrane
Pour un résident fiscal andorran, les dividendes distribués par une société constituée en Principauté sont complètement exonérés d’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPF). Peu importe le montant perçu : 50 000 €, 200 000 €, 1 million d’euros… aucun impôt ne vient entamer cette rémunération.
Cette exonération s’explique par une logique fiscale cohérente : les bénéfices ont déjà supporté l’impôt sur les sociétés (IS) au taux maximal de 10 %. Redistribuer ces bénéfices déjà taxés au niveau de la personne physique reviendrait à créer une double imposition économique, ce que le législateur andorran a expressément voulu éviter.
« L’exonération des dividendes n’est pas une faveur accordée à quelques privilégiés ; elle découle d’un principe de base : ne pas taxer deux fois le même bénéfice. »
– Équipe AND Capital
En pratique, cette règle transforme radicalement la manière dont les entrepreneurs envisagent leur rémunération. Plutôt que de maximiser le salaire (soumis à cotisations sociales et à l’IRPF progressif), beaucoup préfèrent limiter leur rémunération salariée au strict nécessaire pour la protection sociale et compléter massivement par des dividendes nets d’impôt.
Comparaison chiffrée avec la France et l’Espagne
Pour bien mesurer l’écart, prenons quelques exemples réalistes en 2026 :
| Montant annuel de dividendes | France (flat tax 30 %) | Espagne (taux marginal) | Andorre résident |
| 100 000 € | 30 000 € d’impôt | ≈ 23 000 – 26 000 € | 0 € |
| 300 000 € | 90 000 € d’impôt | ≈ 75 000 – 84 000 € | 0 € |
| 600 000 € | 180 000 € d’impôt | ≈ 156 000 – 168 000 € | 0 € |
Sur dix ans, un entrepreneur qui perçoit en moyenne 300 000 € de dividendes par an économise donc entre 750 000 € et 900 000 € d’impôt par rapport à une situation française ou espagnole. Ces montants parlent d’eux-mêmes.
Dividendes de source étrangère : le taux de 10 %
La règle change lorsque les dividendes proviennent de sociétés étrangères. Ils entrent alors dans la catégorie des revenus du capital et sont soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 10 % après un abattement annuel de 3 000 € sur l’ensemble des revenus de l’épargne.
Bien que ce taux reste très compétitif, la vraie complexité réside dans les retenues à la source appliquées par le pays d’origine de la société distributrice. C’est ici que les conventions fiscales signées par Andorre prennent toute leur importance.
- France → retenue à la source limitée à 5 %
- Espagne → retenue à la source limitée à 5 %
- Portugal, Luxembourg, Malte, Chypre → généralement 5 %
- États-Unis → 30 % (absence de convention)
- Allemagne → souvent 26,375 %
Grâce aux conventions, un résident andorran qui perçoit des dividendes d’une société française subit une imposition globale effective d’environ 14,5 % (5 % en France + 10 % en Andorre sur le net – avec crédit d’impôt), ce qui reste très loin des 30 % français ou des 26-28 % espagnols.
Le régime STVE : la star des holdings andorranes
Pour les entrepreneurs et investisseurs qui gèrent plusieurs participations, le régime des Societats de Tinença de Valors Estrangers (STVE) représente sans doute l’outil le plus puissant du paysage fiscal andorran actuel.
Une holding STVE bénéficie d’une exonération totale :
- sur les dividendes reçus de filiales andorranes ou étrangères
- sur les plus-values de cession de participations
Aucune condition de pourcentage minimal de détention ni de durée de possession n’est exigée, ce qui rend le régime beaucoup plus souple que la plupart des régimes mère-fille européens.
Seules deux conditions principales doivent être respectées :
- l’objet social doit être exclusivement la détention et la gestion de participations
- les filiales doivent être soumises à un impôt équivalent ≥ 4 % ou résider dans un pays lié par une convention fiscale avec Andorre
Régime mère-fille alternatif : 0,5 % de taux effectif
Lorsque les conditions STVE ne peuvent pas être remplies, le régime mère-fille classique permet tout de même une exonération de 95 % des dividendes reçus. Seuls 5 % sont réintégrés dans la base imposable de la holding, puis taxés à 10 %, soit un taux effectif de 0,5 % sur les dividendes remontés.
Exemple : 2 000 000 € de dividendes reçus → base imposable = 100 000 € → IS = 10 000 € → taux effectif = 0,5 %.
Plus-values de cession : seulement 1,2 % d’imposition effective
Le régime STVE réserve une autre surprise très agréable : les plus-values de cession de participations sont exonérées à hauteur de 88 %. Seuls 12 % sont imposables au taux de 10 %, soit un taux effectif de 1,2 %.
Sur une plus-value de 4 millions d’euros, l’impôt s’élève donc à 48 000 € seulement. Difficile de trouver mieux en Europe en 2026.
Mix salaire + dividendes : la stratégie la plus courante
La grande majorité des dirigeants andorrans adoptent une rémunération mixte :
- Salaire annuel plafonné à 24 000 € → totalement exonéré d’IRPF + cotisations sociales très modérées
- Complément massif en dividendes → 0 % d’IRPF et 0 % de cotisations sociales
Cette combinaison permet de conserver une bonne couverture sociale tout en minimisant la pression fiscale et sociale globale.
Les erreurs qui peuvent tout compromettre
Malgré un cadre très favorable, plusieurs pièges subsistent :
- Manque de substance économique réelle → risque de requalification par l’administration fiscale française ou espagnole
- Absence de documentation des flux intragroupe
- Mauvaise application des conventions fiscales
- Non-respect des 183 jours de présence physique pour la résidence fiscale
Une structure qui ne présente pas une véritable activité en Andorre peut être déqualifiée en quelques mois, avec des redressements très lourds à la clé.
Comment AND Capital vous accompagne
En Y Capital, nous maîtrisons l’ensemble de ces mécanismes depuis de nombreuses années. Nous vous aidons à :
- Choisir la structure la plus adaptée (sociedad de cartera, empresa patrimonial, en alta mar…)
- Rédiger des statuts sur mesure
- Obtenir la résidence fiscale (activo o pasivo)
- Structurer les flux de dividendes de manière sécurisée
- Optimiser la combinaison salaire / dividendes
- Abrir un cuenta bancaria profesional
- Assurer une conformité parfaite face aux exigences de substance
La fiscalité andorrane sur les dividendes reste, en 2026, l’un des régimes les plus puissants et les plus stables d’Europe. Encore faut-il la mettre en place correctement.
Vous souhaitez étudier sérieusement votre projet d’optimisation via Andorre ?
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